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20.04.2026

« Dérangeant ! »


Dans de plus en plus de pays de l’Union européenne l’on ne veut plus parler de luttes sociales. L’on vit à l’âge de l’IA … voyons ! Le 1er mai est devenu par-là encombrant. Officiellement il n’y a plus de raisons de faire revivre la lutte des classes.

Or la Fête du travail est devenue le symbole des luttes sociales. Les historiens ont des problèmes avec l’histoire du 1er mai qui n’est pas un « produit de lutte européen ». En 1884, l’Américan Federation of Labor (AFL) avait fixé la date du 1er mai 1886 à partir de laquelle la journée légale de travail serait de 8 heures. Les piquets de grève se sont organisés devant les usines et le 2 mai les ouvriers de Mc Cormick, usine productrice d’engins agricoles, s’opposaient aux forces de l’ordre. 2 grévistes furent tués. Le 4 mai 1886, un rassemblement pacifiste fut programmé sur Desplaines Street à Chicago. Une bombe artisanale explosa et tua un policier et déclencha un chaos majeur. Plusieurs policiers succombaient sous les tirs croisés de leur « camarades ». Côté travailleurs, jusqu’à aujourd’hui, le bilan est imprécis.

8 leaders syndicaux furent arrêtés. Malgré le manque de preuves de leur culpabilité, 7 d’entre eux furent condamnés à la pendaison. Cette décision eut des répercussions au-delà des frontières américaines. Lors du premier congrès de la IIe Internationale socialiste à Paris on s’accorda sur une grande manifestation internationale à date fixe en hommage aux manifestants condamnés à Chicago, et ce fut le 1er mai !

Deux ans plus tard, en 1891, une des manifestations organisées à cette date fut lourdement réprimée à Fourmies dans le Nord de la France. 9 manifestants moururent sous les balles de l’armée, alors qu’ils ne voulaient que renforcer la symbolique de cette journée (cf. P.L. Thomas, Figaro 22.01.2026). Il fallut attendre 1947 pour que le gouvernement français reconnaisse officiellement le caractère chômé du 1er mai.

Bref, on ne veut plus de ce symbolisme qui empêche d’introduire une législation plus souple concernant les jours fériés. Le 1er mai comme jour férié dérange dans la société aux valeurs chrétiennes où seulement les fêtes religieuses ont le privilège de régenter le calendrier des fêtes et jours fériés officiels.

A côté de l’Assomption et de l’Ascension, le 1er mai, fête du travail, se contente d’être toléré et risque même de disparaître dans les années à venir !

Edouard Kutten